A la suite de la lecture d’un article qui m’a fait me fendre la poire à en faire pipi dans mon caleçon, j’ai décidé de vous relater ici mon aventure de jeune étudiant dans ce petit bout de France si chaleureux que l’on nomme le Québec.
J’ai débarqué le 1er janvier 1994 (ou 1995, je ne me souviens plus) à l’aéroport de Montréal, au cœur de l’hiver le plus froid qu’avait connu la région depuis les 12 dernières années… Nous avons parcouru environ 30 mètres sur la bretelle de sortie de l’aéroport avant de finir sur le bas coté, après avoir dérapé sur une putain de plaque de verglas. Je ne le savais pas encore, mais c’était un signe. J’aurais mieux fait à ce moment la de prendre ma valoche et de remonter directement dans l’avion pour Paris. Stupide erreur.
Le québécois est un être rude, et il cultive une certaine fierté à affronter des températures démentes sans broncher. Pour preuve s’il en ait le concept du « wind chill factor » qui accompagne systématiquement tous les bulletins météo de cette belle province. Je m’explique : il fait facile moins 10, si t’oublie tes gants, tu laisses tes doigts dehors, mais ca ne suffit pas. Le québécois insiste. Il te dit combien il fait vraiment en ajoutant l’effet du blizzard glacial qui déboule entre les immeubles de downtown Montréal. A moins 10, avec 40 km/h de vent, il fait moins 40. Ca te remonte tout de suite le moral.
Ami lecteur, tu l’auras compris, le premier problème du Québec, c’est le froid. Ce n’est pas tout, il y en d’autres, j’y viens…
2eme problème inhérent à cette belle province : la langue. Certains prétendent que le Canada est une nation bilingue. Je m’insurge. Les canadiens parlent anglais et certains d’entre eux, notamment les québécois, s’obstinent à utiliser un idiome que l’on appelait le français avant la prise de la Bastille.
Aujourd’hui, notre belle langue est parlée dans cette région avec un accent américain. Comment expliquer un tel concept ? Je dois vous avouer que j’aurais du mal à le décrire ici. Le mieux que je puisse faire, c’est être solidaire avec nos voisins anglais, dont les oreilles délicates sont choquées – j’en suis sur – par le malaxage nasillard de leur cousins américains lorsqu’ils parlent l’anglais. Et bien moi, c’est pareil, mes oreilles sifflaient quand j’essayais de décoder le charabia incompréhensible des habitants de Montréal. Certain d’entre eux affirmaient même que la phonétique ignoble de leur babillage était la façon authentique dont le français était parlé en France, avant, et qu’ils l’avaient conservé aux Amériques, du fait de l’isolement avec la métropole. Désolé pépère, écoute toi juste un peu parler, et tu te rendras compte que tu prononces le français avec l’accent texan. Si tu as besoin d’une preuve supplémentaire, dis tout fort la phrase suivante : « nous partîmes 500, mais par un prompt renfort, nous nous vîmes 3000 en arrivant au port. ». Si possible, enregistre au format wave, et poste le ici, j’ai plein de potes qui adorent rigoler.
3eme problème : au delà de la langue et du climat, la vision politique du québécois. On ne répétera jamais assez le mal qu’a fait le général de Gaulle en allant clamer des conneries du haut d’un balcon à Montréal le 24 juillet 1967. Probablement sous acide, il ne réalisait pas ce jour la qu’il allait marquer les 50 prochaines générations françaises dans leur relations avec leur lointains cousins québécois. 9 montréalais sur 10 que j’ai rencontrés durant mon séjour m’ont demandé ce que j’avais pensé de la phrase suivante : « Vive le Québec libre ! ». Au début, j’essayais d’expliquer que le Général de Gaulle était décédé 1 an avant ma naissance, et qu’en fait, par chez moi, ce qu’il avait pu faire ou dire durant sa carrière, ça le regardait, mais que moi je m’en foutais un peu. Grave erreur de ma part. Je passais tout de suite pour un anti québécois, et je me faisais peu d’ami. Et oui, cher lecteur, je te le dis, les québécois sont tous gaullistes… C’est d’un chiant, dans les conversations…
4eme problème : une fois encore, relatif aux conditions climatiques. Apres m’être tapé 4 mois de l’hiver le plus déprimant que j’ai connu, et alors que voila le joli mois de mai (note qu’il fait encore moins 2 le premier mai), voila que les températures se réchauffent. Le 31 mai, il fait 35, tu crèves de chaud, t’en peux plus. Par-dessus le marché, la ville entière est couverte de ce que les locaux appellent du nom poétique de sluche (on retrouve toute la délicatesse lexicale du bon québécois). Qu’est ce que le sluche ? Il s’agit de la putain de couche de neige fondue qui n’en finit pas de faire des flaques de boue degueu que si t’as pas des bottes comme pour aller pêcher des crevettes les jours de grande marée, tes vêtements, ils sont tout dégoûtants… Ajoute à cela, ami lecteur, les nuées de moustiques infâmes qui se développent dans le merdier décrit ci dessus et qui ne manquent pas de venir sucer ton sang jusqu’à plus soif, et tu auras une vision assez claire de ce qui t’attend de ce pays de barjots.





Commentaires récents